Andropause : mythe ou réalité ? Symptômes et traitement
L’andropause, ou « ménopause de l’homme », existe-t-elle ? Baisse de testostérone avec l’âge, premiers signes, bilan sanguin et ce qui aide vraiment.

L’andropause n’est pas l’équivalent masculin de la ménopause. La testostérone baisse lentement, d’environ 1 % par an à partir de 30 ans, et la plupart des hommes gardent un taux normal. Un vrai déficit lié à l’âge, appelé hypogonadisme lié à l’âge, ne touche que quelques pour cent des hommes âgés et se confirme par deux prises de sang matinales et des symptômes.
L’andropause existe-t-elle vraiment ?
Le mot « andropause » est entré dans le langage courant, mais les médecins l’utilisent de moins en moins. Ils parlent plutôt de déficit en testostérone ou d’hypogonadisme masculin lié à l’âge. La raison : chez l’homme, il n’y a pas d’arrêt brutal et universel de la fonction hormonale, comme c’est le cas chez la femme à la ménopause.
Le phénomène est réel, mais il ne concerne qu’une minorité. Selon Santé.fr, seuls les hommes qui ont à la fois un taux de testostérone anormalement bas et des symptômes gênants peuvent être considérés comme réellement touchés.
Quelle différence entre andropause et ménopause ?
| Critère | Ménopause | Baisse de testostérone liée à l’âge |
|---|---|---|
| Rythme | Arrêt en quelques années | Baisse lente, environ 1 % par an dès 30 ans |
| Fréquence | Toutes les femmes | Une minorité d’hommes a un déficit réel |
| Fertilité | Prend fin | Production de spermatozoïdes maintenue, en général réduite |
| Diagnostic | Arrêt des règles pendant 12 mois | Symptômes et deux dosages sanguins bas |
À quel âge survient l’andropause ?
Il n’y a pas d’âge fixe. Un déficit cliniquement significatif devient un peu plus fréquent avec les années. Dans la grande étude européenne EMAS, citée par la Société française d’endocrinologie, il concernait 0,6 % des hommes de 50 à 59 ans, 3,2 % de 60 à 69 ans et 5,1 % de 70 à 79 ans.
Il est plus fréquent chez les hommes en surpoids, diabétiques ou atteints de maladies chroniques. Le tabac, la sédentarité et l’excès d’alcool semblent accélérer la baisse.
Quel est le premier signe de l’andropause ?
Les signes les plus spécifiques sont sexuels : érections matinales plus rares, baisse du désir et des pensées sexuelles, puis troubles de l’érection. D’autres symptômes sont fréquents mais peu spécifiques :
- fatigue et moindre endurance à l’effort
- perte de force et de masse musculaires
- prise de graisse abdominale
- irritabilité, perte de motivation, humeur triste
- troubles du sommeil et de la concentration
- plus rarement, bouffées de chaleur et sueurs
Andropause, stress ou fatigue : comment faire la différence ?
Beaucoup de ces symptômes se retrouvent ailleurs. Le stress professionnel, le manque de sommeil, une prise de poids, une dépression, l’apnée du sommeil, une maladie de la thyroïde ou certains médicaments donnent une fatigue, une baisse de moral et parfois une baisse du désir très semblables. Ils peuvent d’ailleurs faire baisser eux-mêmes la testostérone.
C’est pourquoi on ne peut pas parler d’andropause sur la seule base de symptômes. Les questionnaires en ligne, comme le questionnaire ADAM, servent au mieux à repérer des hommes à orienter vers un médecin. Ils ne posent pas de diagnostic.
L’alcool aggrave-t-il l’andropause ?
Oui. Une consommation excessive d’alcool fait baisser la testostérone, perturbe le sommeil et favorise les troubles de l’érection. Santé.fr cite l’excès de boissons alcoolisées parmi les facteurs qui semblent accélérer la chute de la testostérone avec l’âge. Réduire sa consommation fait partie des premières mesures à prendre.
Faut-il faire un bilan sanguin ?
Oui, si des symptômes persistent. Le bilan repose sur un dosage de la testostérone totale le matin, à jeun, répété à quelques jours d’intervalle. Selon la Société française d’endocrinologie, un déficit peut être suspecté sous 11 nmol/L (3,2 ng/mL), et un taux sous 8 nmol/L (2,3 ng/mL) est très évocateur. Le médecin peut compléter par le dosage de la SHBG, de la LH, de la FSH ou de la prolactine pour rechercher une cause.
Les seuils et le déroulement du bilan sont détaillés dans Manque de testostérone.
Que faire contre l’andropause ?
L’hygiène de vie d’abord. Santé.fr recommande de commencer par pratiquer une activité physique régulière, surtout du renforcement musculaire, de limiter l’alcool et le tabac, et de dépister l’hypertension et le diabète. Perdre l’excès de poids et bien dormir comptent aussi. Ces mesures sont détaillées dans Augmenter sa testostérone naturellement.
Un traitement hormonal seulement après un diagnostic. Lorsque le déficit est confirmé et que les symptômes nuisent à la qualité de vie, un traitement par testostérone, en gel ou en injections, peut être proposé. La première prescription revient à un urologue ou un endocrinologue. Il impose des précautions, notamment vérifier l’absence de cancer de la prostate et surveiller le PSA. Il n’est pas recommandé sans symptômes ni comme traitement anti-âge.
Questions fréquentes
Les hommes peuvent-ils avoir des bouffées de chaleur ?
Oui, mais c’est rare. Elles se voient surtout lors d’une chute importante de la testostérone, par exemple sous traitement hormonal d’un cancer de la prostate. Elles peuvent aussi avoir d’autres causes, comme une maladie de la thyroïde, une infection ou certains médicaments : parlez-en à votre médecin.
Peut-on avoir une andropause à 40 ans ?
Un déficit lié à l’âge est rare à 40 ans. Si des symptômes apparaissent à cet âge, il faut surtout rechercher une autre cause de déficit en testostérone ou une autre explication aux symptômes.
Existe-t-il un traitement naturel de l’andropause ?
Les mesures d’hygiène de vie sont la base : activité physique, perte de poids si nécessaire, sommeil suffisant, moins d’alcool et pas de tabac. Aucun complément alimentaire ni aucune plante ne traite un déficit en testostérone.
Un homme peut-il avoir des enfants après 50 ans ?
Oui. Contrairement à la femme après la ménopause, l’homme continue de produire des spermatozoïdes, même si leur nombre et leur qualité diminuent progressivement avec l’âge.
Sources
- Santé.fr – L’andropause est-elle une ménopause au masculin ?
- Société française d’endocrinologie – Item 124 : Andropause, déficit androgénique lié à l’âge
- Urofrance (AFU) – Déficit en testostérone : de nouvelles recommandations pour améliorer la prise en charge
- Question Sexualité (Santé publique France) – L’andropause : causes, signes et solutions



