Manque de testostérone : symptômes, diagnostic et traitement

Baisse du désir, fatigue, troubles de l’érection : les signes d’un déficit en testostérone, le bilan sanguin, les causes et les traitements prescrits par le médecin.

Des tubes de prélèvement sanguin aux bouchons de couleur dans un portoir en bois, à côté d’un cahier vert, d’un stylo et d’une tasse avec une plante sur un bureau clair
En bref

Le manque de testostérone, ou hypogonadisme, associe des symptômes, surtout sexuels, à un taux sanguin bas confirmé par deux dosages réalisés le matin à jeun. Sous 8 nmol/L, le taux est clairement bas ; entre 8 et 12 nmol/L, il se discute. Le médecin recherche la cause avant tout traitement, qui peut être un traitement hormonal sur prescription.

Qu’est-ce qu’un manque de testostérone ?

Les médecins parlent de déficit en testostérone ou d’hypogonadisme masculin lorsque les testicules ne produisent pas assez de testostérone, ou parfois pas assez de spermatozoïdes. Le diagnostic demande deux éléments à la fois : des symptômes évocateurs et un taux sanguin bas, confirmé. Un taux bas sans aucun symptôme, ou des symptômes avec un taux normal, ne suffisent pas.

Quand ce déficit apparaît progressivement avec l’âge, on parle d’hypogonadisme lié à l’âge, souvent appelé andropause : voir Andropause : mythe ou réalité ?

Quels sont les signes d’un manque de testostérone ?

Les symptômes sont variés et souvent peu spécifiques. L’Association française d’urologie et la Société française d’endocrinologie décrivent :

  • Signes sexuels, les plus évocateurs : baisse du désir et des pensées sexuelles, érections matinales et nocturnes plus rares, troubles de l’érection.
  • Signes physiques : fatigue, perte de masse et de force musculaires, augmentation de la graisse abdominale, diminution de la pilosité, bouffées de chaleur dans les déficits marqués, fragilité osseuse.
  • Signes psychiques : irritabilité, baisse de moral, perte de motivation, troubles de la concentration et du sommeil.

Comment savoir si mon taux de testostérone est bas ?

Le test s’appelle un dosage de la testostérone totale. Comme le taux varie au cours de la journée, Santé.fr rappelle la règle : deux dosages le matin, à jeun, à quelques jours d’intervalle. Un taux peut être bas de manière passagère après une maladie, une nuit blanche ou une période de stress.

Repères pour la testostérone totale : seuil de 3,5 ng/mL (environ 12 nmol/L) retenu par l’AFU ; selon la SFE, un déficit peut être suspecté sous 11 nmol/L et est très probable sous 8 nmol/L. Le médecin les interprète avec les symptômes.
Testostérone totale le matinInterprétation
Plus de 12 nmol/L (3,5 ng/mL)Habituellement considéré comme normal
Entre 8 et 12 nmol/L (2,3 à 3,5 ng/mL)Zone intermédiaire : déficit possible selon les symptômes
Moins de 8 nmol/L (2,3 ng/mL)Taux bas, très évocateur de déficit en présence de symptômes

Si le résultat est bas ou limite, le médecin complète le bilan : dosage de la SHBG, la protéine qui transporte la testostérone (utile notamment en cas d’obésité), des hormones LH et FSH, qui indiquent si le problème vient des testicules ou du cerveau, et parfois de la prolactine.

Peut-on faire un dosage de testostérone sans ordonnance ?

Un laboratoire peut réaliser un dosage à votre demande, mais il n’est alors pas remboursé par l’Assurance maladie, et un dosage isolé, fait à n’importe quelle heure, est difficile à interpréter. Il est plus utile de consulter votre médecin traitant : il prescrit les bons examens au bon moment et les interprète avec vos symptômes.

Quelles sont les causes d’un manque de testostérone ?

On distingue deux grandes familles de causes :

  • Hypogonadisme primaire : les testicules eux-mêmes fonctionnent mal, par exemple après un traumatisme, une infection comme les oreillons, une chimiothérapie ou une radiothérapie, ou en raison d’une anomalie génétique comme le syndrome de Klinefelter.
  • Hypogonadisme secondaire : la commande hormonale venue de l’hypophyse ou de l’hypothalamus est insuffisante, par exemple en cas d’obésité, de diabète de type 2, d’excès de prolactine, de tumeur de l’hypophyse ou de prise de certains médicaments.

Parmi les médicaments en cause figurent les opioïdes, les corticoïdes pris au long cours et les stéroïdes anabolisants, dont l’arrêt peut laisser un déficit durable. L’âge, les maladies chroniques, l’apnée du sommeil et l’abus d’alcool jouent aussi un rôle.

Quels sont les risques d’un déficit non traité ?

Un déficit marqué et prolongé peut entraîner une perte de densité osseuse, avec un risque d’ostéoporose et de fracture, une perte musculaire, une anémie modérée, une baisse de la fertilité et une dégradation de la qualité de vie. Il est souvent associé au surpoids, au diabète de type 2 et au syndrome métabolique, qu’il convient de prendre en charge en même temps.

Quel traitement pour un manque de testostérone ?

Le traitement dépend de la cause. Le médecin traite d’abord ce qui peut l’être : arrêt ou changement d’un médicament, prise en charge d’un excès de prolactine ou d’une apnée du sommeil. En cas d’obésité ou de syndrome métabolique, la perte de poids, l’activité physique et un meilleur sommeil peuvent suffire à améliorer le taux.

Lorsque le déficit est confirmé et que les symptômes nuisent à la qualité de vie, un traitement hormonal substitutif peut être proposé. En France, il existe sous forme de gel à appliquer chaque jour sur la peau, d’injections intramusculaires espacées de plusieurs semaines, ou de capsules à prendre par voie orale. D’après l’Association française d’urologie, la première prescription est réservée aux urologues et aux endocrinologues, puis le médecin traitant peut la renouveler.

Avant et pendant le traitement, plusieurs précautions s’imposent :

  • vérifier l’absence de cancer de la prostate (examen et dosage du PSA) et de cancer du sein
  • surveiller le taux de globules rouges (hématocrite), qui peut augmenter
  • éviter le traitement en cas d’apnée du sommeil sévère non traitée, de maladie cardiaque récente ou de risque élevé de caillots
  • savoir que la testostérone prise en traitement réduit la production de spermatozoïdes : chez un homme qui souhaite avoir un enfant, d’autres options existent

L’efficacité et la tolérance sont réévaluées entre 3 et 6 mois après le début du traitement. Santé.fr rappelle que ce traitement n’est ni un traitement anti-âge, ni recommandé en l’absence de symptômes ou de déficit confirmé.

Quand faut-il consulter ?

Consultez votre médecin traitant si une baisse du désir, des troubles de l’érection, une fatigue ou une baisse de moral durent plusieurs semaines, ou si vous avez des difficultés à avoir un enfant. Des troubles de l’érection peuvent aussi révéler un problème cardiovasculaire ou un diabète, qui méritent d’être recherchés.

Questions fréquentes

Existe-t-il des traitements naturels contre le manque de testostérone ?

Quand le taux est abaissé par le surpoids, le manque de sommeil ou l’alcool, corriger ces facteurs peut le faire remonter, voir Augmenter sa testostérone naturellement. Un déficit confirmé ne se traite pas par des plantes ou des compléments alimentaires : le traitement relève du médecin.

Peut-on acheter de la testostérone en pharmacie sans ordonnance ?

Non. La testostérone est un médicament délivré uniquement sur ordonnance. Les produits vendus sans ordonnance sous ce nom n’en contiennent pas, ou sont illégaux et potentiellement dangereux.

Combien coûte un bilan de testostérone ?

Prescrit par un médecin, le dosage est pris en charge par l’Assurance maladie et votre complémentaire santé dans les conditions habituelles. Réalisé sans ordonnance, il reste à votre charge, à un tarif fixé par le laboratoire.

Un manque de testostérone rend-il stérile ?

Il peut diminuer la production de spermatozoïdes, selon sa cause. En cas de difficulté à concevoir, un bilan de fertilité chez les deux partenaires est la bonne démarche.

Sources

  1. Société française d’endocrinologie – Item 124 : Andropause, déficit androgénique lié à l’âge
  2. Urofrance (AFU) – Déficit en testostérone : de nouvelles recommandations pour améliorer la prise en charge
  3. Santé.fr – L’andropause est-elle une ménopause au masculin ?
  4. Manuel MSD (professionnels) – Hypogonadisme masculin

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