Ashwagandha : effets secondaires, dangers et contre-indications

Effets secondaires de l’ashwagandha, risques pour le foie et la thyroïde, interactions médicamenteuses et personnes à qui l’Anses la déconseille.

Une racine d’ashwagandha séchée posée à côté d’un livre ouvert et d’un verre d’eau sur un rebord de fenêtre blanc, entourée de plantes vertes
En bref

Les effets secondaires les plus fréquents de l’ashwagandha sont légers : troubles digestifs, somnolence, maux de tête. Des atteintes du foie et des troubles de la thyroïde ont aussi été rapportés. L’Anses déconseille la plante pendant la grossesse et l’allaitement, avant 18 ans, en cas de maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur et sous traitement sédatif.

Quels sont les effets secondaires de l’ashwagandha ?

Dans les essais cliniques, qui durent le plus souvent huit à douze semaines, les effets indésirables rapportés sont en général légers et passagers :

  • troubles digestifs : maux de ventre, nausées, diarrhée, parfois vomissements ;
  • somnolence ;
  • maux de tête ;
  • plus rarement, démangeaisons ou éruptions cutanées.

En France, le dispositif de nutrivigilance de l’Anses a reçu 8 déclarations d’effets indésirables liés à des compléments contenant de l’ashwagandha entre 2009 et septembre 2023. Les effets les plus fréquents étaient digestifs (diarrhée, vomissements), une somnolence ou des manifestations cutanées ; aucun cas n’a menacé le pronostic vital et aucun décès n’a été rapporté. Ces chiffres sont faibles, mais toute déclaration volontaire sous-estime la réalité.

L’ashwagandha est-elle dangereuse pour le foie ?

Des atteintes hépatiques ont été décrites dans plusieurs pays après la prise de compléments d’ashwagandha. Elles restent rares, mais peuvent être sérieuses. D’après la base LiverTox des instituts de santé américains, elles apparaissent en général entre deux et douze semaines après le début de la prise, souvent sous forme de jaunisse avec démangeaisons, et guérissent le plus souvent à l’arrêt du produit, parfois en plusieurs mois.

L’ashwagandha agit-elle sur la thyroïde ?

Des études chez l’animal et quelques données chez l’homme montrent des variations des hormones thyroïdiennes. Dans un essai de 2018 mené chez 50 personnes ayant une hypothyroïdie infraclinique, les taux de T3 et de T4 ont augmenté et la TSH a baissé après huit semaines d’extrait de racine. Des cas de thyrotoxicose (excès d’hormones thyroïdiennes) ont aussi été publiés.

C’est pourquoi l’Anses déconseille l’ashwagandha aux personnes ayant une maladie de la thyroïde. Si vous prenez de la lévothyroxine ou un traitement antithyroïdien, ne prenez pas d’ashwagandha sans en parler à votre médecin. Pour les symptômes de l’hypothyroïdie et de l’hyperthyroïdie, consultez les fiches d’ameli.fr.

Qui ne doit pas prendre d’ashwagandha ?

Dans son avis du 19 avril 2024, l’Anses recommande de s’abstenir de compléments alimentaires contenant de l’ashwagandha :

  • aux femmes enceintes (la plante a un usage traditionnel abortif) ;
  • aux personnes ayant une maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur ;
  • aux personnes ayant une hyperandrogénie (excès d’hormones androgènes) ;
  • aux personnes sous traitement sédatif ou agissant comme dépresseur du système nerveux central ;
  • par précaution, faute de données, aux femmes qui allaitent et aux moins de 18 ans.

Les Manuels MSD ajoutent les personnes ayant un ulcère de l’estomac, et signalent un risque en cas de cancer de la prostate, en raison d’un effet possible sur la testostérone. Dans tous ces cas, parlez-en à votre médecin.

Peut-on prendre de l’ashwagandha pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Non. Les données de sécurité manquent, et la plante est traditionnellement utilisée comme abortif. L’Anses, l’institut allemand d’évaluation des risques (BfR) et d’autres autorités européennes la déconseillent pendant la grossesse et l’allaitement. Si vous en avez pris avant de découvrir votre grossesse, arrêtez et parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin.

Avec quels médicaments l’ashwagandha peut-elle interagir ?

Les Manuels MSD, l’Anses et le BfR signalent un risque d’interaction avec :

  • les sédatifs et somnifères (benzodiazépines, zolpidem, certains antipsychotiques) : somnolence accrue ;
  • les hormones thyroïdiennes et les antithyroïdiens : effet possible sur les taux de T3 et T4 ;
  • les médicaments du diabète : risque de glycémie trop basse ;
  • les antihypertenseurs : la tension peut baisser davantage ;
  • les immunosuppresseurs et les corticoïdes (ciclosporine, tacrolimus, mycophénolate, prednisone).

L’Anses juge les données d’interaction hétérogènes, mais suffisantes pour appeler à la plus grande prudence. Si vous prenez un traitement, signalez toujours un complément alimentaire à votre médecin ou à votre pharmacien.

L’ashwagandha peut-elle rendre somnolent ?

Oui. La somnolence fait partie des effets les plus souvent rapportés dans les essais. Le groupe d’experts Plantes de l’Anses déconseille donc la plante en cas de conduite automobile ou d’utilisation de machines, et en association avec l’alcool ou des médicaments qui ralentissent le système nerveux. Si vous vous sentez somnolent, ne conduisez pas.

Que faire avant une opération si l’on prend de l’ashwagandha ?

Signalez-la, comme tout complément alimentaire, lors de la consultation préopératoire. Comme elle peut renforcer l’effet des sédatifs et agir sur la tension et la glycémie, l’anesthésiste vous dira s’il faut l’arrêter, et combien de temps avant l’intervention.

Peut-on prendre de l’ashwagandha sur le long terme ?

On manque de données. La plupart des essais ont duré douze semaines au plus, et très peu ont suivi les participants six mois ou davantage. L’Anses estime que la qualité des données ne permet pas de définir un niveau de consommation sans risque. Une prise prolongée se discute donc avec un professionnel de santé, en tenant compte de votre état de santé et de vos traitements.

Pourquoi l’ashwagandha est-elle interdite au Danemark ?

Le Danemark s’appuie sur une évaluation des risques publiée en 2020 par l’Université technique du Danemark (DTU) : la racine peut entraîner des effets indésirables, et il n’est pas possible de fixer un seuil de consommation en dessous duquel il n’y aurait pas de risque. Le pays considère donc que la plante ne devrait pas être utilisée dans les denrées alimentaires, et l’ashwagandha y est interdite dans les compléments alimentaires.

En France, elle reste autorisée : elle figure sans restriction sur la liste des plantes publiée par la DGCCRF en 2019. Mais l’Anses partage les constats danois, allemands et néerlandais sur l’impossibilité de fixer un seuil sans risque, et appelle à harmoniser les règles sur les plantes au sein de l’Union européenne.

Comment signaler un effet indésirable ?

Arrêtez le complément et consultez votre médecin ou votre pharmacien. Les professionnels de santé peuvent déclarer l’effet au dispositif de nutrivigilance de l’Anses, et chacun peut le signaler sur le portail officiel signalement-sante.gouv.fr. Conservez l’emballage : la marque, le lot et la composition sont utiles à l’analyse.

Pour une vue d’ensemble de la plante et des études, lisez Ashwagandha : ce que disent les études, risques et règles.

Questions fréquentes

Pourquoi ne pas prendre d’ashwagandha ?

Parce qu’aucun bienfait n’est démontré assez solidement pour être autorisé, que des effets sur le foie et la thyroïde ont été rapportés et que l’Anses ne peut pas définir de dose sans risque. Pour certaines personnes – grossesse, maladie thyroïdienne, hépatique ou cardiaque –, elle est déconseillée.

L’ashwagandha est-elle dangereuse pour le cœur ?

L’Anses déconseille la plante aux personnes atteintes de maladies cardiaques, en raison de signaux relevés dans la littérature et d’un possible effet sur la tension. Si vous avez un problème cardiaque ou un traitement antihypertenseur, demandez l’avis de votre médecin.

L’ashwagandha est-elle dangereuse pour les femmes ?

Elle est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement, et en cas d’hyperandrogénie, par exemple dans certains syndromes des ovaires polykystiques. En dehors de ces situations, les précautions sont les mêmes que pour les hommes.

L’ashwagandha peut-elle provoquer de l’anxiété ?

Des déclarations recueillies aux États-Unis font état d’anxiété ou de crises de panique, sans que le lien soit établi. Si vous ressentez un changement d’humeur inhabituel après avoir commencé un complément, arrêtez-le et parlez-en à votre médecin.

Sources

  1. Anses – Avis relatif aux risques liés à l’utilisation des préparations de Withania somnifera dans les compléments alimentaires (saisine 2021-SA-0077, 19 avril 2024)
  2. Manuels MSD pour le grand public – Ashwagandha
  3. LiverTox – Ashwagandha (National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases)
  4. Sharma AK et al. Efficacy and safety of ashwagandha root extract in subclinical hypothyroid patients. J Altern Complement Med, 2018
  5. BfR – Ashwagandha: food supplements with potential health risks (communication 39/2024)
  6. ameli.fr – Hypothyroïdie
  7. ameli.fr – Hyperthyroïdie

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