À quoi sert la prostate ? Rôle, maladies et signes d’alerte
La prostate fabrique une partie du liquide séminal et entoure l’urètre. Pourquoi elle grossit avec l’âge, ses trois maladies courantes et quand consulter.

La prostate est une glande masculine de la taille d’une noix, placée sous la vessie, autour de l’urètre. Elle fabrique une partie du liquide séminal, qui nourrit et protège les spermatozoïdes. Elle grossit naturellement à partir de 40 ans environ. Ses trois maladies courantes sont l’adénome (hypertrophie bénigne), la prostatite et le cancer, qu’on distingue par les symptômes et les examens.
Où se trouve la prostate et à quoi ressemble-t-elle ?
La prostate est une glande de l’appareil génital masculin. Elle se trouve juste sous la vessie, en avant du rectum, et entoure le début de l’urètre, le canal qui conduit l’urine (et le sperme) vers l’extérieur. Chez l’adulte jeune, elle a à peu près la taille d’une noix et pèse 15 à 20 grammes, selon l’Assurance Maladie.
Cette position explique presque tout : comme l’urètre passe au milieu de la prostate, une prostate qui grossit ou qui s’enflamme peut gêner le passage de l’urine. Et comme elle est collée au rectum, le médecin peut la palper par un toucher rectal.
À quoi sert la prostate ?
Son rôle principal est de fabriquer le liquide prostatique, l’un des composants du sperme. Ce liquide, mélangé aux spermatozoïdes venus des testicules et au liquide des vésicules séminales, les nourrit, les protège et les aide à se déplacer.
- Lors de l’éjaculation, les fibres musculaires de la prostate se contractent et propulsent le liquide dans l’urètre.
- Au même moment, le col de la vessie se ferme, ce qui empêche le sperme de remonter vers la vessie et l’urine de se mélanger au sperme.
- Sur le plan hormonal, la prostate transforme une partie de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), l’hormone qui stimule sa croissance.
La prostate ne commande ni l’érection ni la continence urinaire. Mais elle est entourée des nerfs de l’érection et du sphincter de l’urètre, ce qui explique que certaines opérations de la prostate puissent avoir des effets sur ces fonctions.
Pourquoi la prostate grossit-elle avec l’âge ?
À partir de 40 ans environ, la prostate recommence lentement à grossir, sous l’effet des hormones masculines et du vieillissement. C’est un phénomène normal, si fréquent que la plupart des hommes de plus de 50 ans ont une prostate augmentée de volume au microscope, souvent sans aucun symptôme.
Quand cette croissance comprime l’urètre, elle peut provoquer des troubles urinaires : on parle alors d’adénome de la prostate ou d’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Selon l’Assurance Maladie, 37 % des hommes de plus de 70 ans ont un adénome qui donne des symptômes urinaires. La taille de la prostate ne dit pas tout : une grosse prostate peut être bien tolérée, une prostate moyenne peut gêner beaucoup.
Quelles sont les trois maladies courantes de la prostate ?
| Adénome (HBP) | Prostatite | Cancer de la prostate | |
|---|---|---|---|
| Ce que c’est | Augmentation de volume non cancéreuse | Inflammation, souvent due à une infection | Tumeur maligne de la glande |
| Âge typique | À partir de 50 ans | À tout âge adulte | Rare avant 50 ans, pic vers 70 ans |
| Signes habituels | Envies fréquentes, jet faible, lever la nuit | Fièvre, brûlures, douleurs du bas-ventre ou du périnée | Souvent aucun au début |
| Urgence ? | Non, sauf blocage complet des urines | Oui si fièvre : consulter le jour même | Non, mais à explorer si examen anormal |
L’adénome est de loin le plus fréquent. Il n’est pas un cancer, ne se transforme pas en cancer et n’augmente pas le risque d’en avoir un : ce sont deux maladies différentes, qui peuvent simplement coexister chez un même homme. Tout est expliqué dans notre article sur l’hypertrophie de la prostate.
La prostatite est une inflammation de la prostate. La forme aiguë, d’origine bactérienne, donne de la fièvre, des frissons, des brûlures en urinant et des douleurs : elle se soigne par antibiotiques et ne doit pas attendre. Il existe aussi des formes chroniques, plus difficiles à cerner, avec des douleurs pelviennes qui durent.
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme en France, avec près de 60 000 nouveaux cas par an (59 885 en 2018) selon l’Institut national du cancer. Il évolue le plus souvent lentement et ne donne généralement aucun symptôme à un stade précoce. C’est pourquoi des troubles urinaires font d’abord penser à un adénome, pas à un cancer.
Quels troubles urinaires sont normaux avec l’âge ?
Uriner toutes les 3 à 4 heures dans la journée et se lever une fois par nuit à partir de 60 ans est considéré comme normal par l’Assurance Maladie. Un jet un peu moins puissant qu’à 30 ans fait aussi partie du vieillissement habituel.
Parlez-en à votre médecin traitant si les symptômes vous gênent ou s’aggravent : plus de 7 mictions par jour, plusieurs levers par nuit, un jet faible ou haché, une sensation de vessie mal vidée, des gouttes après avoir uriné. Nos articles sur l’envie d’uriner souvent et la difficulté à uriner détaillent chaque situation.
Qu’est-ce que le dosage du PSA ?
Le PSA (antigène prostatique spécifique) est une protéine fabriquée par la prostate, que l’on mesure par une simple prise de sang. Un taux élevé peut signaler un cancer, mais aussi, bien plus souvent, un adénome, une prostatite ou une infection urinaire : selon l’Assurance Maladie, environ 70 % des PSA élevés ne sont pas liés à un cancer.
En France, il n’existe pas de programme national de dépistage du cancer de la prostate par le PSA. Faire ou non ce dosage sans symptôme est une décision personnelle, à prendre avec son médecin après avoir pesé les avantages et les inconvénients. Tout est expliqué dans notre article sur le taux de PSA.
Peut-on vivre sans prostate ?
Oui. La prostate n’est pas indispensable à la vie. On peut l’enlever en totalité, le plus souvent pour traiter un cancer (prostatectomie totale). Après l’opération, il n’y a plus d’éjaculation, puisque la prostate et les vésicules séminales sont retirées, mais l’orgasme reste possible.
Les principaux effets secondaires possibles sont des fuites urinaires, en général temporaires, et des troubles de l’érection, plus ou moins durables selon que les nerfs ont pu être préservés. L’urologue en parle avant toute intervention. À ne pas confondre avec les opérations de l’adénome, qui retirent seulement la partie centrale de la glande.
Peut-on prendre soin de sa prostate au quotidien ?
Il n’existe pas de « remède » pour garder une prostate jeune. Les recommandations sont celles de la santé en général : rester actif, garder un poids raisonnable, manger varié avec beaucoup de végétaux, limiter l’alcool et ne pas fumer. Pour les troubles urinaires, quelques habitudes aident : répartir les boissons dans la journée, boire moins le soir, limiter le café et l’alcool, éviter la constipation.
Aucun aliment ni complément alimentaire n’a démontré qu’il empêchait la prostate de grossir ou qu’il prévenait le cancer. Notre article alimentation et prostate fait le point sur ce que dit vraiment la recherche, et zinc et sélénium sur ces deux minéraux souvent associés à la prostate. Si vous prenez un traitement pour la prostate, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant d’ajouter un complément alimentaire.
Questions fréquentes
À quoi sert la prostate ?
Elle fabrique le liquide prostatique, une partie du sperme qui nourrit et protège les spermatozoïdes, et se contracte lors de l’éjaculation. Elle ne commande ni l’érection ni la continence.
Pourquoi la prostate grossit-elle ?
Sous l’effet des hormones masculines et de l’âge, la prostate recommence à grossir après 40 ans environ. C’est normal ; cela ne devient un problème que si cela gêne pour uriner.
Un adénome de la prostate peut-il devenir un cancer ?
Non. L’adénome est une augmentation de volume bénigne. Il ne se transforme pas en cancer et n’en augmente pas le risque, même si les deux peuvent exister en même temps.
Est-il possible de vivre sans prostate ?
Oui. Après une ablation totale, il n’y a plus d’éjaculation, mais l’orgasme reste possible. Des fuites urinaires et des troubles de l’érection peuvent survenir et sont à discuter avec l’urologue.
Quand faut-il consulter pour la prostate ?
Si des troubles urinaires vous gênent ou s’aggravent, voyez votre médecin traitant. Consultez en urgence si vous ne pouvez plus uriner, si vous avez de la fièvre ou du sang dans les urines.
Sources
- ameli.fr – Qu’est-ce que l’adénome de la prostate ?
- ameli.fr – Adénome de la prostate : symptômes, diagnostic et évolution
- ameli.fr – Dépistage du cancer de la prostate
- Institut national du cancer – Dépistage du cancer de la prostate
- Association française d’urologie – Référentiel du Collège d’urologie, item 127 : hypertrophie bénigne de la prostate



